Parilivka
film,
texte et voix Patrice Maniglier
25 min
2024


Avec le projet Parilivka, nous poursuivons notre recherche sur l’espace multiple et la capacité des formes de reconstitution à nous faire réfléchir sur les possibles de notre présent et donc aux alternatives de notre futur. Parilivka s’inscrit dans une réflexion sur notre capacité à habiter le monde et sur l’expérience de réalités alternatives comme activateur de notre capacité à agir. (Re)donner de l’épaisseur au réel par l’entrelacement dans un même espace des variations de celui-ci.

Parilivka explore une vision alternative de Paris, l'idée d'une voie parallèle de l'histoire, où les choix des humains auraient pu mener, ou pourraient mener, à l'existence d'une ville qui serait à la fois Paris et Nebelivka. Nebelivka étant un de ses megasites ukrainiens, une ville de plusieurs milliers d’habitants, datant de près de 6000 ans et remettant en question les modèles traditionnels de villes centralisées et hiérarchisées.

Le film Parilivka propose un monde (re)constitué par photogrammétrie et simulation 3d dont on découvre par dioramas successifs sa réalité. C’est une transposition de la reconstitution du paysage central de Nebelivka à l’échelle de Paris.

Les images sont accompagnées par le philosophe Patrice Maniglier qui devient une des voix au sein de ce monde et nous accompagne dans la perception de ce monde. Le discours théorique s’y trouve comme « machiné » par le monde dans lequel il se trouve, une forme de reenactment du discours théorique par la présence même de sa propre voix au sein de Parilivka. Patrice Maniglier n’est pas le spectateur de ce monde sur lequel il écrit. Nous lui avons parlé de Nebelivka, et il a décidé d’en devenir une de ses voix, et de nous dire où il a l’impression de se trouver et comment il en est devenu un de ses habitants.

Nous nous sommes appuyés sur l’ouvrage Au commencement était… Une nouvelle histoire de l’humanité de David Graeber et David Wendgow qui à partir d’études de travaux récents en anthropologie et archéologie, remettent en cause le récit conventionnel des origines des sociétés humaines qui condamnerait l’humanité à vivre dans les inégalités et une institution politique hiérarchisée. Les auteurs y exposent de nombreuses expérimentations humaines qui démontrent les capacités de nos ancêtres lointains à faire des choix, à prendre la mesure de leurs propres décisions, et à pouvoir tourner le dos à des choix qui mènent à des conséquences inévitables.

Nous nous sommes plus spécifiquement intéressés aux sites anciens urbains ukrainiens datant de 6000 ans, d’une taille similaire aux premières villes de Mésopotamie, appelés communément Megasites. Grâce à un éventail de nouvelles techniques, les archéologues ont découvert que ces sites ne possédaient aucun signe de hiérarchie : ni palais, ni temple, ni administration centralisée, et qu’ils étaient chacun organisés en cercle autour d’un grand espace ouvert inhabité et non bâti. De plus les recherches portant sur leur environnement révèlent une empreinte écologique étonnamment légère.

avec le concours du Labex « Les passés dans le présent » / projet replay-it again.

expositions :
festival-symposium "replay-it again" / > Centre for contemporary art - CCA Glasgow, 2024
avec : Gerard Byrne, Delafontaine Niel, La Compagnie Dodescaden, Sarah Browne, Conor Carville, Minty Donald et Nick Millar, Graham Eatough, Ashanti Harris, Luke Fowler, Lee Hassall, Emmanuel Grimaud, Kevin Leomo, Sarah Neeley, Vincent Rioux, Farah Saleh, Simon Starling, Gabriele Rendina Cattani, Kathryn Elkins, Morgan Quaintance et Mischa Twitchin.
organisé en partenariat avec : Centre for Contemporary Arts de Glasgow (CCA), le Goethe-Institut de Glasgow et le département d’études théâtrales de l’Université de Glasgow

festival "re-replay" / > théatre Koltès - université Paris Nanterre, 2025
avec : Emmanuel Grimaud et Arnaud Deshayes, Vincent Rioux et la Cie Dodescaden, Delafontaine Niel / DN, Lee Hassall, Baptiste Buob, Jérémie Grojnowski, Jonathan Larcher et Nathalie Masseglia, Pierre Thévenin, Emmanuel Ducourneau et Mickaël Berdugo, Damien Mottier, Grace Winter et Thibault Verneret, Carl Lavery, Luke Fowler, Pierre Thévenin, Emmanuel Ducourneau et Diane-Line Farré.
Organisé en partenariat avec : la MSH Mondes, l’ACA² de l’Université Paris Nanterre, le Laboratoire d’Ethnologie et de Sociologie Comparative (LESC - UMR 7186), le laboratoire Histoire des Arts et des Représentations (HAR - EA 4414) et l’Université de Glasgow.

soirée anniversaire de la revue "Les Temps qui restent" /> DOC! Paris, 2025

> consulter le festival-symposium "replay-it again"sur le site du Centre for Contemporary Art / CCA
> consulter le festival "RE-REPLAY" au Théâtre Koltès, université Paris Nanterre
> consulter le projet dans le labex « Les passés dans le présent »

> consulter le texte "L’espace multiple, augmenter les possibles du présent" paru dans la revue Théâtre Public
> consulter des extraits de l'article dans la revue Theâtre Public
> consulter le site de la revue Théâtre Public

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With the Parilivka project, we continue our research into multiple space and the capacity of forms of reconstitution to make us think about the possibilities of our present and therefore on the alternatives of our future. Parilivka is part of a reflection on our capacity to inhabit the world and on the experience of alternative realities as an activator of our capacity to act.
(Re)giving thickness to reality by interweaving variations of it in the same space.

Parilivka explores an alternative vision of Paris, the idea of a parallel path through history where human choices have led, or could lead, to the existence of a city that would be both like Paris and like Nebelivka. Nebelivka is one of this Ukrainian megasites, a city of several thousand inhabitants that dates back nearly 6,000 (six thousands) years and questions traditional models of centralised, hierarchical cities.

The film Parilivka presents a world (re)constructed using photogrammetry and 3D simulation, with successive dioramas revealing its reality. It is a transposition of the reconstitution of the central landscape of Nebelivka on the scale of Paris. We'll come back to the making of the images a little later.

The images are accompanied by the philosopher Patrice Maniglier, who becomes one of the voices within this world and guides us in our perception of it. Theoretical discourse finds as if machined by the world in which it finds itself. It’s a form of reenactment of theoretical discourse through the very presence of his own voice within Parilivka. Patrice Maniglier is not a spectator of the world he is writing about. We talked to him about Nebelivka, and he decided to become one of its voices, and to tell us where he feels he is and how he became one of its inhabitants.

We based our research on the book 'In the Beginning was...' by David Graeber and David Wendgow. They use studies of recent work in anthropology and archaeology to question the conventional account of the origins of human societies, which would condemn humanity to a life of inequality and hierarchical political institutions. The authors present numerous human experiments that demonstrate the capacity of our distant ancestors to make choices, to take the measure of their own decisions, and to turn away from choices that lead to inevitable consequences.

We were more specifically interested in ancient Ukrainian urban sites dating back 6,000 (six thousands) years, similar in size to the first cities of Mesopotamia, commonly known as Megasites. Thanks to a range of new techniques, archaeologists have discovered that these sites had no signs of hierarchy: no palaces, no temples, no centralised administration, and that they were each organised in a circle around a large uninhabited, unbuilt open space. What's more, research into their environment reveals a surprisingly light ecological footprint.

with the support of Labex “The Past in the Present” / replay-it again project.